« Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps » : voici la formule de fin de chaque conte de fée dont les dessins animés Disney ne font pas exception. Cependant, les contes populaires dont sont originaires les Disney ne sont pas aussi naïfs, mielleux et merveilleux. Dans cet article, je vais comparer les Disney de notre enfance avec les contes dont ils sont majoritairement issus c’est à dire ceux de Perrault, Grimm et Andersen.

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Le petit Chaperon Rouge

C’est Charles Perrault qui a été le premier à retranscrire ce conte issu de la tradition orale. Mais c’est le conte des frères Grimm, datant de 1812, qui a été revisité par les studios Disney en 1934 sous le titre Le Grand Méchant Loup. Le court métrage, qui fait partie de la série des Silly Symphonies, est la suite du film Les Trois Petits Cochons. Ainsi, le petit chaperon rouge est en partie accompagnée des petits cochons et de leur célèbre chanson « Qui a peur du grand méchant loup ». La trame est la même que ce soit dans le dessin animé ou dans les contes : la mère-grand est malade ; c’est pourquoi le petit chaperon rouge doit apporter « une galette et un petit pot de beurre » (dans la version de Perrault) et « un morceau de galette et une bouteille de vin » (dans celles de Grimm et Disney).

La première grande différence de ces 3 versions est l’arrivée du loup chez la grand-mère. Dans les contes de Grimm et Perrault, le loup n’y va pas par quatre chemins et dévore directement la petite vieille. Chez Disney, pas de grand-mère dévorée mais une grand-mère cachée dans l’armoire que le loup n’arrive pas à ouvrir (version beaucoup plus soft et beaucoup moins cruelle pour les petits enfants spectateurs du dessin animé). Quant à l’arrivée du petit Chaperon Rouge, pas de « tire la chevillette, la bobinette cherra » dans les versions des frères Grimm (selon les transcriptions) et Disney. Chez Perrault la petite fille se couche dans le lit avec le loup, ce qui lui vaut de dire « comme vous avez de grands bras »/ « grandes jambes ». Dans la version des frères Grimm, elle énumère les grandes oreilles et les grandes mains en plus des grands yeux et des grandes dents présentent dans les trois versions. Disney prend la liberté d’ajouter uniquement le « grand nez ».

Enfin, le dénouement est la partie de l’histoire qui différencie le plus ces versions. Dans le conte de Perrault, la fin est radicale pour les deux protagonistes : la grand-mère et la fillette finissent dans le ventre du loup. Chez les frères Grimm, l’histoire est plus optimiste puisqu’un chasseur les sauve toutes les deux en ouvrant le ventre du loup puis en y déposant de grosses pierres. À son réveil le loup meurt du poids de son ventre. Dans la version de Disney, la grand-mère et le petit chaperon rouge se font sauver par les cochons. Ici commence le « Tout est bien qui finit bien« , le leitmotiv de Disney.

Avec son premier studio Laugh-O-Gram, Walt Disney avait préalablement réalisé en 1922 Little Red Riding Hood, une version du Petit Chaperon Rouge qui n’a rien à voir avec toutes celles que l’on a pu voir : l’histoire est très revisitée (pas de loup féroce, pas de grand-mère avalée, etc). Dans ce court métrage, Disney s’appuie sur la morale de l’histoire : le loup n’est que l’image de l’homme à qui il ne faut pas faire confiance. Cela renvoie à une des définitions du terme « loup » comme « Homme malfaisant et cruel » (Larousse).

Je dis le Loup, car tous les Loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.

Si vous voulez lire les deux contes, voici un lien avec quelques explications : cliquez ici

Le petit Chaperon Rouge n’est pas le seul conte à avoir été repris par les studios Laugh-O-Grams puisque Le chat botté (ou Le maître chat) de Charles Perrault, puis retranscrit par les Frère Grimm, a donné Puss in Boots, un film muet de 1922.

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