* Cet article est un extrait de mon mémoire de recherche : Elodie R., (juin 2014), L’évolution des télé-crochets grâce au Web 2.0, https://elodier23.wordpress.com/2014/12/27/evolution-tele-crochets/

loftstory

Depuis le début des années 2000, le monde médiatique est plongé dans l’univers des téléréalités. Alors que ce genre de programme était déjà soulevé en 1998 dans « The Truman Show » de Peter Weir ou dans « En direct sur Ed TV » de Ron Howard en 1999, tout a réellement commencé avec l’émission Loft Story sur M6, adaptation de l’émission anglo-saxonne Big Brother, qui a permis à la chaîne de voir exploser ses audiences en 2001. Cette émission, qui dura deux ans, inspira de nombreuses autres téléréalités telles que Nice People sur TF1 en 2003, Les Colocataires en 2004 sur M6, La ferme Célébrités sur TF1 en 2004, 2005 et 2010, Dilemme en 2010 sur W9, Carré Viiip en 2011 et Secret Story sur TF1 depuis 2007. Bien que chacune de ces émissions ait un format quelque peu différent, elles ont en commun un même dispositif : les candidats sont enfermés dans un lieu clos pendant plusieurs mois et filmés 24/24h. Leur quotidien est ensuite diffusé sur une chaîne télévisée tous les jours et résumé lors d’un Prime-time hebdomadaire. Loft Story a ainsi ouvert les portes aux émissions de divertissement dites de téléréalité. C’est pourquoi en 2001, face à la réussite et à l’engouement du public et des médias pour cette émission, la production Endemol décide de mettre en place une téléréalité musicale : la Star Academy. Cette téléréalité qui fait renaître le genre de la variété, est qualifié de télé-crochet. Cette émission est la transition parfaite entre la téléréalité d’enfermement et celle qui voit naître des prodiges de la chanson. Par ailleurs, tous ces programmes ont une finalité commune : il s’agit d’une compétition qui ne récompense qu’un seul gagnant (souvent d’une grosse somme d’argent).

Star_AcademyÀ la différence des téléréalités du genre de Loft Story, le télé-crochet peut être associé à une émission de télé-coaching, c’est-à-dire une émission où les candidats sont entourés et conseillés par des professionnels qui les encadrent dans leur évolution. D’ailleurs, ce type de programme devient la nouvelle tendance des chaînes télévisées dans les années 2000. Dans ces émissions, de vrais coachs professionnels aident des personnes lambdas que ce soit pour faire le ménage (C’est du propre), se sentir mieux dans sa peau (Belle toute nue, Nouveau look pour une nouvelle vie) ou encore à l’éducation des enfants (Pascal le grand frère, Super Nanny). Dans ces cas de téléréalité, il n’y a pas de compétition donc pas de gagnant. En ce qui concerne les télé-crochets tels que la Star Academy ou plus récemment The Voice, des professionnels de la musique ou du spectacle entraînent les candidats tels des coachs sportifs qui souhaitent voir leurs poulains gagner la course. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les quatre chanteurs qui entourent les concurrents dans l’émission The Voice sont qualifiés de « coachs ».
Depuis l’arrivée de la Star Academy en 2001, le télécrochet prend un rôle de plus en plus important et devient même au centre de l’attention des médias.

Tout commence dans les années 70 où les chercheurs ne s’intéressaient plus aux effets qu’avaient les médias sur les individus (approche médiacentrique) mais à ce qu’en faisaient ces derniers. C’est la période qu’on appelle le courant des usages et des gratifications. Cette approche rompt avec la perception d’un public passif face aux médias et s’intéresse aux « besoins » des usagers. C’est depuis le développement d’internet et de la télévision connectée des années 2010 qu’on peut dire que le téléspectateur devient un usager hyper actif. La télévision qui était alors un outil passif, devient un média interactif. Même s’il y a toujours eu un lien entre chaque média, les productions ont profité de l’ascension des réseaux sociaux pour concevoir des programmes adéquats et rendre participatif chacun d’entre eux. On parle alors de transmédia (plusieurs médias combinés). La participation, le partage (fichiers ou idées) et la collaboration sont mis en avant via le Web 2.0. Ce dernier permet aux utilisateurs d’interagir et de collaborer pour créer du contenu. Les productions ont compris que de plus en plus de personnes regardent la télévision sur internet et commentent les émissions sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de souligner par ce mémoire la place du Web 2.0 dans l’évolution des télé-crochets.

Dans ce mémoire, je prouve que le Web 2.0 a donné un nouveau souffle au télé-crochet dans les années 2010. Je montre que ce genre, qui était devenu ringard, a accéléré l’évolution des formats des télé-crochets.
Dans un premier temps, je commence par évoquer la place du crochet dans le genre télévisuel en illustrant mes propos avec les concours musicaux les plus populaires en France dans les années 2000 et 2010. Je montre ensuite que plus un télé-crochet évolue, plus la place d’internet est importante. ** Puis, je continue avec les enjeux financiers et sociétaux de ce genre d’émissions pour les productions et les chaînes télévisées. Enfin, je finis ce mémoire par une étape incontournable des télé-crochets, les castings, indispensables à leur réussite puisque, comme je l’indique, l’intérêt des productions est d’avoir de bons candidats dans leurs émissions afin de faire de l’audience, créer le buzz et avoir une crédibilité dans le monde artistique ; et tout au mieux, donner naissance à des « célébrités ».

** L’article se termine ici (le mémoire étant beaucoup trop long)

Sommaire de l’article :

Chapitre I : Comment le « crochet » a-t-il réussi à se faire une place dans le monde télévisuel ?

A.  Le début des télé-crochets

B. La renaissance d’un genre mort et oublié : les années 2000

C. The Voice, la plus belle voix : le phénomène musical qui crédibilise les télé-crochets

1)      Son concept
2)     Son audience
3)     Les coachs : vecteur de la réussite du programme

Chapitre II : Retour des télé-crochets suite au succès de the Voice

A. Nouvelle Star et Star Academy : Les deux télé-crochets qui ont su s’imposer sur la TNT

B. Popstars et X Factor où les deux télé-crochets qui ont fait un flop dans les années 2010

Chapitre III : De The Voice à Rising Star : le Web 2.0 au centre des programmes

A. The Voice propulseur de la télévision connectée

1) The Voice : l’avant-gardiste du second écran
2) La révolution du hashtag : appartenance à une communauté
3) Les autres télé-crochets suivent la cadence

B. Le web 2.0 prend une place primordiale à la réussite d’un télé-crochet : le cas de Rising Star

Conclusion

Extrait :

Chapitre I : Comment le « crochet » a-t-il réussi à se faire une place dans le monde télévisuel ?

Le début des télé-crochets

tvcrochet

Le 10 octobre 1930 se tient le premier concours de chant amateur au cabaret « la Fourmi ». Cette compétition est diffusée sur Radio Paris PTT, la deuxième radio d’État de la capitale. Suite à ce concours, le concept s’essouffle jusqu’à l’arrivée de l’émission le Crochet radiophonique en 1936 sur la station privée Radio-Cité. Ce programme, un des plus populaires de la station, créé par Saint-Granier et Jacques Canetti, attire un public d’amateurs avide de célébrité. Grâce à cette émission, le genre du radio-crochet se popularise. Fin 1950, la télévision arrive en masse dans les foyers français et reprend le concept du radio-crochet. Ainsi, en plus d’écouter la voix des amateurs, les spectateurs peuvent voir leur physique (ce qui joue toujours dans les votes). C’est avec le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille Hartuch que le télé-crochet prend forme. Ce crochet a révélé de nombreux artistes tels que Françoise Hardy, Yves Duteil,  Pascal Sevran, Sylvie Jolie, Danièle Évenou ou encore Hervé Christiani. Suite à la réussite de ce télé-crochet, d’autres émissions s’en suivent comme Le Jeu de la chance de Raymond Marcillac dans les années 60 présentée dans Télé Dimanche qui fit connaître Mireille Mathieu et Thierry Le Luron. Dans les années 70, Guy Lux présente lui aussi un télé-crochet nommé Rideau sur Antenne 2.

Ainsi, grâce à la vulgarisation de la télévision qui devient un instrument de communication de masse, le télé-crochet, tout droit emprunté du radio-crochet, devient un des genres les plus populaires de la télévision.
Aujourd’hui, un seul concours de chant a su se détacher et perdurer en survivant au tsunami des télé-crochets : il s’agit de l’Eurovision. La toute première édition eut lieu le jeudi 24 mai 1956 en Suisse. Depuis, bien que le concours se soit ringardisé avec le temps, il reste le plus vieux télé-crochet de l’histoire télévisuelle.

La renaissance d’un genre mort et oublié : les années 2000

  • La Star Academy

– Son concept : entre téléréalité et télé-crochet

Le télé-crochet est un mélange de jeu télévisé, de variété et de documentaire. Il signe ses heures de gloire dans les années 2000 avec l’arrivée de la Star Academy produite par Endemol et diffusée sur TF1 en 2001. Ce programme est l’adaptation française du concept Starmaker d’Endemol des Pays-Bas. Bien que ce télé-crochet soit basé sur le modèle de Loft Story, c’est-à-dire sur la téléréalité d’enfermement, il n’a pas eu le même engouement médiatique qu’avait suscité le Loft. La production Endemol a fait en sorte de mettre en avant le côté académique afin que le programme soit davantage pris au sérieux. Cette émission se présente comme une série télévisée avec des quotidiennes tous les soirs et avec un prime hebdomadaire. Le public peut ainsi suivre tous les jours les académiciens dans leur aventure artistique et personnelle. D’ailleurs leur vie en communauté peut être visionnée 24/24h sur internet en quasi direct sur un service payant. Ce dispositif a fait jaser certains médias revenant au côté voyeurisme de Loft Story.
Comme dans tous les télé-crochets (sauf Popstars), Star Academy est basé sur le triangle candidats / jury / téléspectateurs. En effet, le jury (ici les professeurs) juge leurs élèves et les téléspectateurs votent pour leur préféré. Entre 16 et 18 candidats (en nombre égal de filles et garçons) sont en compétition dans une école (pour la plupart des années, cette école était le château de Dammarie-les-Lys) où ils apprennent les arts (chant, danse, théâtre) et où ils sont évalués toutes les semaines sur leurs aptitudes. S’ils ne sont pas compétents, ils sont alors nominés par les professeurs qui ne sont autres que des professionnels connus et reconnus dans le milieu artistique. Ce sont alors les téléspectateurs qui votent pour sauver leur candidat favoris afin de n’arriver qu’à un seul compétiteur désigné vainqueur du programme. Ce dernier gagne une grosse somme d’argent qui lui permet de financer son album puisqu’il est assuré d’enregistrer dans la maison de disque Universal music. Il gagne également l’opportunité de se produire dans la salle mythique de l’Olympia et de faire partie de la « Star Ac’ tour », la tournée composée des derniers candidats éliminés. Cette tournée a été supprimée en 2008 pour la dernière saison étant donné que l’audience était basse et que les candidats n’avaient pas accroché le public.
La Star Academy a la particularité de présenter tous les jours des quotidiennes qui permettent aux téléspectateurs de suivre les candidats dans leur cours et leur évaluation hebdomadaire. Tout comme Loft Story, ces émissions en access Prime-time attirent beaucoup de téléspectateurs. Par exemple pour la saison 2, deux mois après le début de l’aventure, le vendredi 26 octobre 2002 à 18h10 pour être précis, la quotidienne faisait encore un carton avec 4,5 millions de fidèles soit 39,2% de part d’audience et 60,7% sur la cible des femmes de moins de 50 ans. L’intérêt de ces émissions quotidiennes est de faire connaissance avec les candidats et ainsi s’attacher à eux. On se lie d’affection davantage à un candidat qui véhicule des valeurs qu’on partage également. Ainsi on peut s’identifier à lui. Comme l’a déclaré Sabine Chalvon-Demersay, directrice d’études et de recherche EHESS-CNRS, la télévision est une «immense machine à produire de la proximité avec son public». Le programme est donc volontairement conçu pour que les téléspectateurs s’intéressent d’un peu plus près aux candidats. Pour cela, la production met en scène l’intimité des académiciens à travers des petits reportages hors des caméras du château, une sorte de petite présentation de leur vie personnelle (leur famille, leur lieu d’habitation, les endroits qu’ils fréquentent, etc.). Ce dispositif crée une certaine sympathie avec le téléspectateur. Ce dernier par exemple, appréciera davantage un candidat qui vient de la même ville que lui, s’il fréquente les mêmes lieux publics ou s’il est fan du même artiste. Dans le cadre de l’émission, afin de toujours rester dans l’intimité du candidat, la production a mis en place une salle CSA dans laquelle l’apprenti chanteur donne tous ses ressentis, toutes ses confidences. Ainsi, les fidèles de l’émission regardent la Star Ac’ non seulement pour le caractère artistique de celle-ci, le côté talentueux des candidats mais aussi pour le côté narratif (les disputes entre candidats, les amourettes, etc.). Nous verrons que cette proximité avec les candidats sera d’autant plus forte dans les années 2010 grâce à la télévision connectée.

– Sa cible

L’émission cible en premier lieu les femmes de 15 à 24 ans, avec un cœur de cible de jeunes filles de 8 à 14 ans. Cependant, la Star Academy se veut être une émission familiale et pour cela tous les moyens sont bons pour que les parents regardent et commentent l’émission avec leurs enfants. Tout d’abord, le côté scolaire est très apprécié des parents. Le fait que leurs enfants regardent un programme qui leur apprend la rigueur et l’obéissance, ne les dérange pas, au contraire. En plus de ce cadre académique, la production propose aux apprentis chanteurs d’interpréter d’anciennes chansons afin de pouvoir toucher toutes les générations. C’est pourquoi, toutes les semaines, de nombreux artistes français et internationaux de tout âge sont invités sur le plateau afin de satisfaire tout aussi bien les jeunes que les personnes plus âgées. Les parents peuvent ainsi voir leur chanteur préféré interpréter les chansons qu’eux-mêmes connaissent et par la même occasion, les enfants apprennent ces chansons de variété. Pour ma part, grâce à la Star Academy et à leurs nombreuses reprises, j’ai appris à aimer les chansons des années 70 et 80 que je n’aurais sûrement jamais connu sans ce télé-crochet. D’autant plus que chaque année, les élèves de l’académie sortent des albums rendant à nouveau célèbre plusieurs tubes des décennies précédentes comme « La Musique » de Nicoletta, « Gimme Gimme Gimme » de ABBA ou encore « Message personnel » de Françoise Hardy, et réussissent à vendre des millions de singles de leur hymne. En effet, tous les ans, une chanson symbolise la saison, chanson qui chaque année devient un hit. Grâce à ces reprises, des millions de jeunes font connaissance avec la musique de générations antérieures.

– Ses audiences

La Star Academy est le télé-crochet ayant généré le plus d’audiences dans les années 2000. Pour sa première année, il a réuni en moyenne 6,1 millions de téléspectateurs allant jusqu’à 11 872 000 pour la finale soit 51,4% du public ; du jamais vu pour un programme de divertissement. Durant les trois premières années l’émission se déroulait de fin août à fin décembre et les Primes étaient diffusés le samedi soir. La troisième saison, qui a vu gagner Elodie Frégé, a été suivie en moyenne par 7,7 millions de personnes, un record pour le programme. Cependant, sa finale a perçu une baisse d’audience de plus d’un millions de téléspectateurs par rapport à la finale de la saison précédente. C’est à partir de la saison 4, que la Star Academy n’a plus lieu le samedi mais le vendredi soir, ce qui ne change en rien aux audiences car le lancement a fait un record avec 7,4 millions de téléspectateurs soit 38,2% de part d’audience. C’est au bout de la sixième saison que le programme a commencé à s’essouffler pour qu’à la huitième il ne fasse plus que 5,1 millions de téléspectateurs, deux fois moins que pour la première saison. Ceci est dû au fait qu’en 2008, année de la dernière saison sur TF1, deux éditions se sont talonnées la même année : la Star Academy 7 et 8. C’est pourquoi Nonce Paolini, PDG de TF1, a décidé d’arrêter le programme avouant que « trop de Star Ac, tue la Star Ac ». De plus, selon Laurent Storch, le directeur des programmes de TF1, La Star Academy n’arrivait plus à atteindre les audiences espérées et les stars ne désiraient plus participer à l’émission car cela ne leur permettait pas de vendre plus d’albums. Puisque, bien évidemment, un artiste ne va pas dans ce genre d’émission juste pour le plaisir d’y être. Il y va surtout pour faire sa publicité et se faire connaître d’un public beaucoup plus large. C’est ainsi que le format est racheté par la chaîne NRJ12 trois ans plus tard.

  • Popstars

Bien qu’on ait plus rapidement entendu parler de la Star Academy, Popstars est le tout premier télé-crochet à être diffusé en France. Son concept est bien différent de tous les autres, c’est pourquoi il attire la curiosité de nombreux téléspectateurs. Popstars est sous forme de feuilleton documentaire ce qui fait de lui un format unique. Contrairement à tous les autres télé-crochets qui se déroulent durant un temps sur un plateau télé, Popstars ne montre que la sélection des candidats sans les faire chanter sur une scène entourés d’un public. Le téléspectateur n’a donc pas son mot à dire quant au choix des candidats, dans ce programme il est donc passif. Seul le jury a le pouvoir d’élire les gagnants. L’émission, diffusé de 2001 à 2003 puis en 2007, a vu sa part d’audience chuter en cette dernière année.
Lors de son lancement en 2001, le télé-crochet a démarré sur les chapeaux de roues avec en moyenne 4,7 millions de téléspectateurs chaque jeudi soir, soit une part d’audience de 19,1 % atteignant même les 6 millions de téléspectateurs faisant une performance incroyable sur les cibles commerciales du programme. Pour le sixième épisode, Popstars a réuni 36,1% de part d’audience auprès des ménagères de moins de 50 ans et 55,4% des 15-24 ans.

Cette première saison a couronné les L5 qui ont cartonné suite à l’émission. Elles ont vendu leur premier disque à 2 millions d’exemplaires en même pas deux mois. Il s’agit du groupe sortant d’une émission française ayant réalisé les meilleures ventes. Une réussite totale pour le télé-crochet qui décide de programmer une nouvelle saison l’année suivante. Cette dernière, qui voit gagner les Whatfor, un groupe qui porte plutôt bien son nom, fonctionne légèrement moins bien avec en moyenne 4,5 millions de téléspectateurs soit 18,6 % du public. En 2003, la troisième année de diffusion du programme, le télé-crochet est rebaptisé Popstars : le duel afin de faire évoluer le concept suite à la petite baisse d’audience de l’année passée. Dans cette édition, la production décide de faire s’affronter deux groupes de chanteurs filles et garçons séparés. M6 réunit jusqu’à 3,9 millions de téléspectateurs, une audience loin des attentes de la chaîne. C’est pourquoi, elle attend quatre ans avant de relancer le programme. Pour son ultime saison sur M6 en 2007, Popstars change de concept. Afin de ne pas lasser le public et parce que les audiences commençaient à réellement baisser, la production décide de ne plus former de groupe mais un chanteur solo. De plus, alors que pendant les années précédentes tous les épisodes étaient diffusés en Prime-time, cette année, seul le premier épisode est retransmis à 20h50. Tous les autres sont diffusés en access Prime-time, de 19h à 20h, et réunissent en moyenne 1,29 million de téléspectateurs soit 7,5 % du public. Une audience bien loin de ce qu’imaginait la production puisqu’elle représente trois fois moins de téléspectateurs que la première saison. C’est pourquoi M6 prend la décision de ne plus reprogrammer le télé-crochet mais de continuer avec A la Recherche de la Nouvelle Star. Popstars a d’ailleurs inspiré Simon Fuller pour créer Pop Idol, la version britannique de Nouvelle Star lancée en 2001.

  • La Nouvelle Star

newstarA la Recherche de la Nouvelle Star est produit par Fremantlemedia et est diffusé en France à partir de 2003 sur M6 pendant 3-4 mois (selon les années) de février-mars à mai-juillet pour ne pas être face à la Star Academy, diffusé à partir d’octobre, qui pour le coup fait d’énormes audiences. Avant sa diffusion en France, le programme Pop Idol avait reçu une Rose d’or au festival de la télévision de Montreux classant le télé-crochet « meilleur programme de divertissement » par l’Académie britannique de la TV. Ainsi, aucun doute qu’A la recherche de la Nouvelle Star fonctionne en France. Pour le coup, M6 n’a pas pris énormément de risque. Cependant il valait mieux qu’elle trouve un concept qui marche puisque cette même année Popstars avait du mal à décoller dans les audiences. A la Recherche de la Nouvelle Star change de nom en 2004 pour s’appeler plus simplement Nouvelle Star. Le programme s’arrête en 2012 pour revenir en 2013 sur la filiale de Canal+, D8. Parmi tous les télé-crochets français, c’est d’ailleurs le seul à encore perdurer aujourd’hui. Je pense que c’est grâce au choix du jury critique et dynamique, et aux shows spectaculaires donnés sur le plateau toutes les semaines.

Nouvelle star met en avant la chanson française lors de ses auditions puisque tous les candidats sont obligés de chanter en français. Les premières étapes du programme montrent les jurés sillonnant la France pour trouver des candidats dont les castings sont diffusés à la télévision tout comme Popstars. Ces deux télé-crochets s’étendent sur 16 épisodes dont les 3 premiers présentent les sélections (casting et théâtre). Ce qui va différencier Nouvelle Star de Popstars est le fait que plus de la moitié des épisodes de ce premier télé-crochet soient consacrés aux Primes en direct durant lesquels les 16 candidats sélectionnés font le show sur le plateau. Ceci est cependant le principal point commun avec X Factor. Dans chacune des deux émissions, un candidat se voit éliminé toutes les semaines.

  • X Factor

xfactor
Autre point commun avec Nouvelle Star, X Factor est produit par FremantleMedia. Il est diffusé pour la première fois sur W9 en septembre 2009. Il s’agit du télé-crochet ayant le moins duré en France puisque seules deux saisons ont vu le jour dont une dans les années 2000. C’est également le seul à être diffusé sur une chaîne de la TNT. Comme je l’ai montré précédemment, les auditions durent plusieurs semaines jusqu’à l’arrivée des Primes où les jurés se partagent les 25 candidats. En 2009, seuls 3 jurés composent le jury de la version française (contrairement aux éditions dans le monde et à celle de M6 en 2011 où 4 jurés se partagent les candidats). Les apprentis chanteurs sont regroupés en catégories : les moins de 25 ans – garçons (6 candidats), les moins de 25 ans – filles (6 candidates) (ces 2 catégories étant rassemblées pour la version française de W9), les plus de 25 ans – mixte (6 candidats) et enfin les groupes (7 groupes de candidats). Il y a ainsi une diversité quant aux âges et au sexe des candidats même si on remarque que les jeunes de moins de 25 ans sont privilégiés car 2 équipes les représentent. C’est aussi le seul télé-crochet a accepté les groupes puisque contrairement à Popstars, ces derniers sont déjà formés avant les castings. Toutefois c’est déjà arrivé qu’un groupe se forme pendant l’émission : ce fut le cas des One Direction qui se sont présentés individuellement au casting de The X Factor en Grande-Bretagne. À la différence de la Nouvelle Star, dans X Factor les jurés sont également coachs et aident les candidats comme dans The Voice.

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