Partir en Erasmus est une expérience très appréciée des étudiants. Entre fête et travail, le temps semble passer à vitesse grand V.

photo extraite du film "L'Auberge espagnole" de Cédric Klapish
photo extraite du film « L’Auberge espagnole » de Cédric Klapish

« Séjour inoubliable », « voyage enrichissant à refaire absolument », « année magique », tant de qualificatifs élogieux lorsque l’on interroge les étudiants partis avec Erasmus. Ces derniers ne cessent d’être séduits par le programme d’échange lancé en 1987. Pour preuve, l’année dernière, près de 270 000 étudiants sont partis étudier ou se former à l’étranger soit 6 % de plus qu’en 2011.

L’Espagne et l’Angleterre : Les deux grands favoris

Selon le dernier rapport de l’Agence Europe Education Formation France (A2E2F), les deux pays favoris de la migration estudiantine sont l’Espagne et l’Angleterre. Influencés par le film de Cédric Klapish « L’Auberge espagnole » ou non, les étudiants français privilégient l’Espagne pour étudier alors que, paradoxalement, la langue de Shakespeare est choisie par 68% des étudiants, soit une très grande majorité.
Cette préférence pour l’Espagne n’est pas anodine puisque le coût de la vie y est moins élevé qu’en Angleterre et les universités anglaises ont des critères de sélection beaucoup plus exigeants comme le confirme Amel Selka, une étudiante partie avec Erasmus en troisième année de LEA anglais et espagnol : « Les places sont chères pour partir surtout en Angleterre où les universités ne prennent que les meilleurs. » Qui plus est, entre le soleil espagnol et le froid britannique, le choix pour certains est vite fait !

Partir en Erasmus : un plus dans la vie

Erasmus est idéal pour acquérir des compétences linguistiques et interculturelles. Le programme est également un plus au niveau professionnel puisqu’il permet une meilleure insertion sur le marché du travail tout en ayant un CV beaucoup plus complet. Enfin, il favorise le développement personnel de l’étudiant, qui est, sans nul doute, le plus important pour ce dernier. En effet, quoi de plus bénéfique que d’étudier dans un pays autre que le sien entouré de personnes venant d’horizons différents ?

Une organisation optimale et de la paperasse à flot

On ne part pas étudier à l’étranger sur un coup de tête ou parce qu’on a adoré « L’auberge espagnole ». Il faut en amont remplir des tas de papiers, penser à se faire assurer et commencer à chercher un logement. Le cas du protagoniste Xavier n’est pas réellement un cliché : les démarches administratives pour constituer son dossier sont pénibles. Tout comme lui, Amel Selka, ancienne étudiante à l’université de Paris Ouest Nanterre la Défense, a connu la « longue galère de la paperasse administrative. »

Avant de se lancer dans l’aventure Erasmus, il faut vérifier que son niveau de langue soit suffisamment élevé pour pouvoir suivre les cours. Amel a eu la chance de partir dans un des lieux les plus convoités proposés par l’université nanterrienne : Nottingham. « Pour pouvoir y aller il fallait avoir 14 de moyenne en anglais ». Une note considérable quand on sait que le niveau d’anglais des Français laisse à désirer. « Si on veut partir en Norvège, en Suède ou dans les pays de l’Est, l’université est beaucoup plus indulgente quant à notre niveau en langue » poursuit-elle. En règle générale, un 12/20 suffit pour pouvoir partir avec Erasmus. Certaines écoles et facultés demandent aux candidats de passer un diplôme reconnu au niveau international comme le TOEFL (Test Of English as a Foreign Language) ou le TOEIC (Test of English for International Communication).

Enfin, il ne faut surtout pas oublier les aides proposées par Erasmus et l’État et vérifier les montants (qui changent selon la destination). Certains étudiants comme Juliette Atier, partie en Erasmus à Valence en Espagne, n’était pas au courant que la mairie de Paris versait une bourse aux étudiants : « je n’avais qu’une bourse de 200 euros… heureusement que la vie est peu chère en Espagne et que mes parents m’aidaient un peu ». De plus, depuis janvier 2014, Erasmus a été remplacé par Erasmus+, un programme doté d’un budget plus élevé : près de 15 milliards d’euros pour la période 2014-2020, soit une augmentation de 40 % par rapport à la période précédente. Une aide précieuse pour les modestes étudiants français.

Fêtes, beuverie et … partiels

Eh oui, Erasmus ce n’est pas que le travail, c’est aussi et surtout, le meilleur moyen de faire la fête tous les soirs sans avoir à se justifier auprès de ses parents. Les soirées Erasmus sont bien connues dans le monde pour être très alcoolisées et très turbulentes. D’ailleurs, l’aspirine reste le meilleur ami de l’étudiant pour les lendemains de fête ! Étudier avec la gueule de bois n’est pas préconisé mais c’est ce qui arrive la plupart du temps, du moins, lorsque l’étudiant décide d’aller en cours.

En effet, bien qu’il semble plus difficile d’étudier dans une langue étrangère, ce n’est pas pour autant que les étudiants ne sèchent pas, bien au contraire ! Certains comme Amel n’ont pas eu de difficultés à suivre les cours, d’autres comme Juliette avait un peu plus de mal : « Dans l’ensemble c’était assez compliqué de suivre. J’ai dû étudier des cours qui étaient complètement nouveaux pour moi et en plus dans une autre langue : si tu n’es pas concentré en permanence tu perds vite le fil. En plus c’était très théorique bien qu’intéressant. »

Cependant, comme pour toute année universitaire, les partiels guettent les étudiants. Comment se débrouillent-ils pour les réussir alors que l’année semblait plutôt chaotique ?

« Au début je passais plus de temps à faire la fête comme tout le monde. Et puis les partiels approchent. Et là il y a deux catégories : ceux qui arrêtent et ceux qui continuent de sortir. Moi j’ai arrêté et j’ai deux fois plus travaillé que si j’avais été à Paris. » déclare Juliette. Ce qu’elle ne dit pas c’est que les professeurs sont quand même plus indulgents avec un élève Erasmus qu’un natif. Par conséquent les notes restent assez élevées en moyenne.

Ainsi, tout étudiant parti en Erasmus garde un bilan positif de son expérience. Pour Amel et Juliette, ce séjour était l’expérience de leur vie. Cette dernière confie : « Là-bas chaque jour est une nouvelle expérience parce que tu sais que le temps est compté et que tu dois apprendre le maximum sur les gens, la culture etc… C’est dommage qu’on n’applique pas cette philosophie à la vie … j’espère réellement pouvoir repartir. » Les étudiants ont certes amélioré leur niveau de langue mais ils ont surtout appris sur les rapports humains et sur eux-mêmes. En sortant régulièrement, ils ont tout simplement voulu profiter de leur autonomie, « se sentir vraiment indépendant » comme l’a avoué Amel.

Une expérience qui n’est pas sans conséquence puisqu’une récente étude a montré qu’un étudiant Erasmus sur quatre avait rencontré son/sa partenaire lors son séjour.

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